On tue les vieux !
Ca coûte un pognon de dingue !
Reine TACUSSEL 1930-2025
Ma mère avait 95 ans, 56 kg pour 1, 55 m. Elle était complètement dépendante, en fauteuil roulant, mais belle et heureuse de vivre. J'étais seul à m'occuper d'elle : mise au fauteuil, repas, toilette, tout. Elle voyait le docteur régulièrement et l'infirmière pour les prises de sang. Maman était bien partie pour viser les 100 ans.
Malheureusement, ce dimanche 23 mars 2025, j'ai dû partir en urgence à l'hôpital. Ils ont embarqué Maman aussi. Elle est restée 4 jours en gériatrie à Manosque, où elle a commencé à être torturée : pas de boisson, pas de perfusion, rien à manger. Maman était dysphagique et il fallait la nourrir à la cuillère, mixé. Par contre, pour lui faire avaler du Seresta (tranquilisant) en cachet, elles savaient faire ces feignantes ! Maman n'aimait pas que des étrangers lui fasse sa toilette. Le Seresta c'est plus rapide qu'un peu de psychologie et de gentillesse, on a ainsi plus de temps pour baguenauder sur les réseaux sociaux. On lui a aussi serré ses pieds équins, mais sains, dans des boîtes pour les redresser, résultat : une escare au talon droit.
Sans me demander mon avis, on l'expédie aux Cèdres à Manosque pour 2 semaines, pendant ma convalescence. La torture continue dans cet EHPAD lugubre. Médicaments contre la constipation ; ça, ils pouvaient lui faire avaler, au risque de l'étouffer ! Forcément, quand on ne mange rien on ne fait plus caca ; allez leur expliquer. Toujours rien à manger ni aucune hydratation. Je suis allé voir Maman le dimanche 30 mars. Des complications bronchiques (suite à l'intubation de l'anesthésie), avec une fièvre à 40 degrés, m'ont empêché d'y aller plus tôt. Maman était méconnaissable, apeurée, amaigrie, déshydratée malgré une perfusion mise le jour même seulement, perfusion que je réclamais au téléphone. J'ai appelé le SAMU le samedi 29 mars pour leur demander d'intervenir. On ne peut rien faire tant que l'EHPAD ne nous appelle pas
. À l'EHPAD on me disait on ne peut pas la perfuser, c'est le week-end et il n'y a pas de docteurs
. Je lui ai apporté de la soupe au fromage et de quoi lui faire des tisanes avec du miel. J'ai pu la faire manger et boire. Elle était heureuse avec moi.
Après mon opération, dès mon retour à la maison le mercredi 26 mars, j'avais exigé le rapatriement de ma mère. On me l'a ramenée en ambulance le 1er avril, à mes frais, à moitié dans le coma, à l'agonie, et poussant un râle périodique. Les médecins généralistes ne veulent plus se déplacer ; méritent-ils encore qu'on les appelle docteur ? Maman est morte dans mes bras le lendemain, mercredi 2 avril, les pompiers n'ont rien pu faire. 10 jours de torture, 4 jour à l'hôpital et 6 jour à l'EHPAD.
Des imbéciles croient me consoler en disant Elle avait 95 ans, elle n'a souffert que quelques jours, tout le monde perd un proche...
. Sauf que tout le monde
n'a pas eu la même relation fusionnelle avec sa mère et que tout le monde
ne l'a pas vu mourir dans ses bras. Certains lâches ne vont même pas aux obsèques, j'en connais ! Elle s'est rendue compte, elle a eu peur, elle a souffert, et cela aurait pu être évité avec des bons soins, un peu d'attention et de bienveillance. Elle aurait pu s'endormir un jour à la maison, dans quelques mois ou quelques années, paisiblement dans son sommeil.
J'ai trouvé cette prière dans les notes de Maman : Seigneur, toi qui sait tout ce qui se dit et ce qui se fait, touche à jamais celui qui touche à mon fils.
Reine Tacussel. Maman, j'adresse à Dieu la même prière pour toi. Car si l'on peut pardonner le mal que l'on a subi soi-même, il me semble impossible de pardonner celui infligé à un être cher ; ce serait un manque absolu de respect et d'amour.
Oui, la politique de notre pays c'est les sous avant tout. La poubelle (l'EHPAD) ne suffit plus, on tue les vieux ! Quand va-t-on piquer les chômeurs ? Il faudrait pouvoir expédier en Sibérie toute cette vermine de politichiens véreux, défroqués et opportunistes...
Maman, tu me manques, je t'aime ❤️ !